Réalisé par James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver, plus
Long-métrage américain. Genre : Science fiction, Aventure
Durée : 2h41 min Année de production : 2009
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Note: Fourchette: 9/10 Couteau: 8,5/10
James Cameron:
Dix ans après l'un des plus gros et plus rentables succès du septième art ("Titanic"), Le mégalomane James Cameron revient avec une idée qui végète dans son esprit depuis de très nombreuses années. Mais ce n'est qu'à la suite de son ½uvre précédente qu'il commence à concrétiser la vision qu'il a de Pandora, l'univers au c½ur duquel nos congénères vont montrer toute l'étendue de leur inhumanité...
Ils sont loin les débuts de Cameron et de sa nullissime suite du classique "Piranhas". Une excroissance qui révèle combien l'homme est chanceux d'avoir pu persévérer jusqu'à devenir le géniteur de méga-productions américaines entrées depuis dans légende. "Terminator 1 & 2", interprété par un Arnold Schwarzenegger alors très à la mode. "Aliens, Le Retour" suite du chef-d'½uvre de Ridley Scott "Alien, le huitième passager", film à l'ambiance oppressante dénaturée par une approche hollywoodienne de type "gros bras" mais qui fonctionne malgré tout. En 1989 le cinéaste tourne "Abyss", une merveille relatant une rencontre du troisième type dans les profondeurs de l'océan. Cinq ans plus tard, James Cameron s'attèle au remake de "La Totale", film français qui bien que nanti de moyens beaucoup moins important que sa version américaine reste toutefois d'une qualité supérieure. Puis vint "Titanic" sur lequel il est inutile de revenir puisque tout le monde connait son histoire et sait le succès qu'il a rencontré. L'évolution du cinéaste est notable depuis ses débuts quand à sa propension à se servir des évolutions technologiques qui lui ont permis d'arriver jusqu'à "Avatar".
L'histoire:
Jake Sully est un marines paralytique qui se déplace en fauteuil roulant. Soldat dans l'âme, il se porte volontaire pour se rendre sur la planète Pandora sur laquelle des groupes industriels rêvent de mettre la main afin d'extraire un minerai rare disponible en très grande quantité et qui permettrait de de résoudre une grave crise énergétique sur notre planète. L'air sur Pandora est irrespirable pour l'homme et c'est la raison pour laquelle le programme Avatar a été mis en place. Le nom du projet est celui des organismes crées à partir de l'adn humain et de celui des Na'vi, les habitants de Pandora. L'armée et les scientifiques se sont liés afin de mettre en place cette technologie qui permet à l'homme d'investir la planète sous l'apparence de ces être immenses et humanoïdes sans les dangers inhérents à ses spécificités biologiques.
Enfermé dans une sorte de sarcophage, Jake est "connecté" mentalement à son double Na'vi dont le rôle est d'infiltrer l'arbre-village au c½ur duquel vivent ses nouveaux compagnons, les fameux Na'vi. En compagnie de Grace Augustine (l'excellente Sigourney Weaver) et d'une équipe de militaires réduite, il entre de plein pied dans un univers qui lui est totalement étranger. Après avoir été séparé malgré lui du reste du groupe, il se retrouve seul dans une jungle hostile où les préceptes de vie lui sont encore inconnus. Alors que sa vie ne tient plus qu'à un fil, il rencontre Neytiri, une Na'vi femelle, qui le mène au c½ur de l'arbre-village où il sera présenté aux habitants dont les plus illustres représentants ne sont autre que les parents de la jeune Na'vi. D'abord suspicieux car habitués à être trompés par l'homme, les sages du village décident de mettre Jake à l'épreuve. Il devra, formé par la jeune Neytiri, apprendre les us et coutumes du peuple Na'vi. Mais c'est sans compter sur le projet dont fait l'objet le village et dont Jake n'est qu'un pion. Deux alternative se présentent alors aux yeux de Jake. Soit il mène à bien la mission pour laquelle il a été envoyé par le colonel Miles Quaritch ou bien il s'oppose à ce dernier, préparant et menant de front le combat qui bientôt fera rage entre les hommes et les Na'vi.
Mon avis:
Voici donc comment débute l'épopée "Avatar". Une bonne manière de comprendre les enjeux humains et ceux, beaucoup plus profonds des Na'vi. Entre intérêts pécuniers, colonisation, extermination et écologie, philosophie, respect de l'autre, on est vite absorbé par l'un ou l'autre des partis. Le choix est vite fait et la majeure partie (si ce n'est la totalité) des spectateurs se rangera du coté des faibles. C'est à dire les Na'vi. Et l'on réalise alors la futilité d'espérer pouvoir contrer la machine de guerre que représente l'homme à l'aide de simples flèches de bois. D'un coté il y a l'homme donc, qui après avoir exploité toute les richesses de sa planète ne trouve aucune autre alternative que celle de piller celles de Pandora. Et de l'autre il y a les autochtones. Et pas seulement les Na'vi mais aussi toute la faune et la flore environnante. Car il n'y a pas de plus grand péché que d'ôter la vie à l'une des nombreuses espèces animales ou végétales de Pandore. C'est ce que va bientôt apprendre à concevoir Jake mais aussi les scientifiques qui contrairement aux premières impressions n'ont pas de but mercantiles mais le désir profond d'étudier la planète, ses habitants et son environnement.
"Avatar" ne ressemble pas à ces dizaines de productions qui misent essentiellement sur les effets-spéciaux. Ces derniers sont nombreux, certes. Mais il servent majestueusement un récit passionnant, quoique étonnement classique. En effet, l'homme nous a toujours habitués à conquérir les terres étrangères, quitte à tuer par milliers les indigènes qui y vivent sans jamais tenir compte de l'harmonie naturelle. L'interprétation de chacun est juste parfaite, qu'elle soit assurée par les acteurs réels ou bien par leurs homologues de synthèse. L'univers tout entier est d'une crédibilité sans faille, Cameron ayant accompli durant dix ans un travail exemplaire sur la flore, la faune et le langage attribué à cette dernière. On ressort de la projection avec le désir profond d'améliorer notre existence ainsi que celui de nos voisins. Tout ceci est bien évidemment utopique mais l'on se prend à rêver d'un monde bien meilleur que celui dans lequel nous vivons. Je n'ai pas le souvenir, après tant d'années de cinéphilie, d'avoir déjà entendu les spectateurs applaudir un film lors du générique de fin. Preuve que Cameron à réussi son pari. Offrir une fable magnifique, colorée, parfois très dure, mais définitivement intemporelle...
L'avis d'Anna: