Requiem Pour Un MassacreRéalisateur : Elem KlimovAnnée : 1984Origines : SoviétiqueGenre : Drame, GuerreDurée : 2H20 Acteurs Principaux : Alexei Kravtchenko, Olga Mironova, Luibomiras Laucevitchuis, etc... Note : Couteau 8,5/10

Requiem Pour Un MassacreRéalisateur : Elem KlimovAnnée : 1984Origines : SoviétiqueGenre : Drame, GuerreDurée : 2H20 Acteurs Principaux :  Alexei Kravtchenko, Olga Mironova, Luibomiras Laucevitchuis, etc... Note : Couteau 8,5/10
Voilà, j'ai remis l'article qui avait été supprimé par sky mais avec une affiche différente. Sont contents maintenant ???


L'histoire :

Florya, jeune adolescent vivant avec sa mère et ses deux soeurs dans un petit village de Biélorussie rêve de partir à la guerre comme le font tout ceux de son age. Alors que sa mère tente de le convaincre de rester avec sa famille, deux soldats viennent chercher Florya. Emmené au coeur d'une forêt ou sont déjà regroupés plusieurs dizaines de résistants à l'invasion allemande, le jeue garçon va apprendre à vivre aux cotés de ceux qui vont désormais remplacer sa famille. Et notamment Kosach, le chef de la résistance ainsi que la très jeune et très jolie Glasha. Cette dernière d'ailleurs, alors que la compagnie se met en marche vers le front, abandonnant derrière elle Florya, va devenir la compagne d'infortune du jeune soldat.

Seuls, les deux adolescents vont essuyer des bombardements qui finiront par les chasser de la forêt où ils se cachent bien à l'abri de l'ennemi. Après être retournés dans le petit village où vivait la famille de Florya pour s'y cacher, lui et Glasha réalisent que plus une âme n'y vit. Glasha réalise surtout, alors qu'elle et Florya courent vers une ile sur laquelle ce dernier semble être certain de retrouver les siens, que le village tout entier a été mis à feu et à sang.

Lorsqu'elle tente d'expliquer à son compagnon qu'il ne retrouvera jamais sa mère et ses deux soeurs vivantes, ce dernier semble devenir fou et jette la jeune femme dans le marais qui jouxte l'ile. Alors qu'il semble avoir de très mauvaises intentions envers elle, un homme vient à l'aide de Glasha. Un soldat qui va les escorter tous les deux jusqu'au groupe de résistants qui les a abandonnés plus tôt dans la forêt...





Ce que j'en pense :



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" Requiem Pour Un Massacre " fait partie de ces films que l'on n'oublie pas. Pas seulement parce qu'il témoigne d'un passé historique abominable mais simplement parce qu'en tant qu'oeuvre cinématographique, il est de ceux qui ont apporté une nouvelle pierre a cet immense édifice qu'est le septième art. Un film-monstre comme ont pu l'être certaines oeuvres comme " Les Diables " de Ken Russel en son temps. Alors que la première demi-heure offre un déroulement somme toute assez classique, la suite démontre à quel point le son et l'image ne peuvent s'imposer l'un sans l'autre. Durant le reste du long métrage, le travail accomplit sur la bande son est absolument remarquable.

Mélange d'extraits d'oeuvres obscures, de cris d'enfants, de bombardements et de nappes angoissantes, le film mêle une certaine poésie morbide à la quête de jeune garçon dont l'aventure sera émaillée de visions cauchemardesques. Le passage dans la forêt, alors que des bombardements (superbes) viennent d'être commis par un avion allemand, est à l'image de ce qui sera étalé à l'écran jusqu'au générique de fin. Derrière un sujet grave, au coeur de scènes particulièrement dures, la poésie qui se dégage de certains plans est à couper le souffle. L'angoisse sourde plus de l'ambiance sonore que des scènes à proprement parler.

Le "Massacre" du titre nous est montré sans la moindre précaution dans la dernière partie du film. Durant plus de quarante minutes, on assiste éberlués à l'extermination pure et simple d'un village biélorusse entier. Et tout cela, à travers le saisissant regard de Florya. Si tous les acteurs sont excellents, la palme revient malgré tout à l'acteur principal Alexei Kravtchenko qui campe justement le rôle de ce jeune garçon. C'est à un ballet sordide auquel on est conviés. On ne compte plus les humiliations et les meurtres auxquels on assiste. Ici pas de héros sur qui compter pour sauver les âmes en peine. Pas de salut pour ces centaines d'hommes et de femmes que les allemands considéraient comme faisant partie d'une race inférieure.

Même si l'on est hermétique au genre. Même si le sujet finit par agacer ceux qui préféreraient que l'on ne revienne plus dessus. Même si la peur d'assister à des crimes abominables que l'on sait historiques rebute certains. Il est indispensable de prendre son courage à deux mains et de se lancer dans cette expérience ultime. Ne serait-ce que d'un point de vue cinématographique...
# Posté le mardi 30 juin 2009 07:47
Modifié le jeudi 02 juillet 2009 02:02

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# Posté le vendredi 22 mai 2009 01:34
Modifié le vendredi 26 juin 2009 02:44

Requiem For A DreamRéalisateur : Darren AronofskyAnnée : 2001Origines : Etats-UnisGenre : DrameDurée : 1H50 Acteurs Principaux : Jared Leto, Ellen Burstyn, Jennifer Connelly, etc... Note : Couteau 4/5

Requiem For A DreamRéalisateur : Darren AronofskyAnnée : 2001Origines : Etats-UnisGenre : DrameDurée : 1H50 Acteurs Principaux :  Jared Leto, Ellen Burstyn, Jennifer Connelly, etc... Note : Couteau 4/5
L'histoire :

Harry Goldfarb est jeune, beau et fiancé à la jolie Marion. Accompagnés de leur ami Tyrone, ils passent leur temps à se défoncer. Pour se sortir d'une situation qil les emportent toujours plus loin dans la déchéance, ils mettent au point une idée qui leur permettra de s'en sortir et surtout de pouvoir enfin vivre leurs rêves. Pour cela, il va leur falloir acheter de la drogue. Pour la revendre plus cher et ainsi faire des bénéfices. Plus tard, alors qu'ils ont devant eux le fruit de leurs efforts, Harry et Tyrone estiment qu'ils sont en droit d' en consommer une infime partie avant de vendre le reste. Cette décision, pour eux, deviendra la première étape d'une véritable descente aux enfers.

Sara, la mère d'Harry, veuve et vivant seule dans son appartement , rêve de participer à son jeu télévisé préféré, émission qu'elle n'oublie jamais de regarder chaque jour. Elle envoie donc sa candidature. Avide et impatiente elle commence à désespérer de n'avoir pas de nouvelles. Jusqu'au jour où elle reçoit une réponse. Commence alors pour elle l'espoir. L'armoire de sa chambre renferme une robe de soirée qu'elle n'a pas mise depuis des années. En l'essayant elle réalise que cette dernière ne lui va plus. Afin de pouvoir remédier à ce problème et surtout donner l'image d'une femme belle et élégante imposée par les médias d'aujourd'hui, elle va se lancer dans un régime qu'elle ne sait pas encore être à base d'amphétamines. Un traitement qui va la mener au fond du gouffre.






Ce que j'en pense :




Darren Aronofsky ( The Fountain ) est aujourd'hui célèbre grâce à son dernier film, "The Wrestler" dans lequel il a donné sa chance à Mickey Rourke. Mais il ne faut pas oublier qu'avant cela il a su se créer un cercle de fans grâce à son sublime "Requiem For A Dream". Une oeuvre très dure, sans concession, critique des médias et de certains aspects de la société américaine (à laquelle notre pays semble s'attacher à ressembler de plus en plus). Un film coup de poing dont on ne ressort pas indemne. Qui semble-t-il a fait l'unanimité auprès de la presse spécialisée mais pas des téléspectateurs. Certains n'ayant pas aimé le film après avoir entendu dire qu'il était tape à l'oeil. Trop "Bling-bling" alors qu'au contraire ce qui semble avoir troublé une partie des téléspectateurs est l'aspect sordide et malsain de certaines scènes. L'intérêt du film n'est pas là. Certains se plaignent qu'il ne soit ni malsain, ni choquant. D'autres, au contraire, s'outrent d'y voir tant de violence. Il faudrait savoir.

En réalité, Darren Aronofski signe une mise en scène admirable tirée, parait-il, d'un roman quasiment inadaptable d' Hubert Selby Jr paru en 1978. Un choc visuel et artistique. Alors bien sûr, on pourra reprocher la redondance de certains plans. La superbe mais néanmoins répétitive partition musicale. On ne pourra cependant que reconnaître les qualités esthétiques du film qui rend "belles" les horreurs qui nous sont servies. Une comédie qui vire au drame. Un drame qui vire à l'horreur. Un parallèle entre la mère et son fils permet au cinéaste d'aborder differents aspects de la dépendance. Entre les drogues injectées dans les veines ou sniffées par le trio d'amis et celle qui s'insinue à travers la rétine d'une femme vieillissante et veuve, le rapport entre tous ces personnages est le fondamental besoin d'échapper à la réalité de leur morne quotidien. Le film débute sur un rythme il faut le dire assez mollasson mais prend fin au coeur d'un tourbillon visuel qui essore l'esprit de ceux qui ont le courage de vivre l'expérience jusqu'au bout.

A noter l'excellente interprétation de tous et surtout l'incroyable performance d'Ellen Burstyn dans le rôle de la mère.

Ps: Ma Fourchette me reproche parfois de ne pas aller au bout de mes projets. Et bien regarde ma douce. Encore un article et je serai venu à bout de l'objectif que je m'étais fixé. 100 articles avant de boucler l'aventure ciné.
# Posté le mardi 12 mai 2009 13:07
Modifié le jeudi 21 mai 2009 02:46

Session 9Réalisateur : Brad AndersonAnnée : 2001Origines : Etats-UnisGenre : Drame FantastiqueDurée : 1H44 Acteurs Principaux : David Caruso, Peter Mullan, Josh Lucas, etc... Note : Couteau 3,5/5

Session 9Réalisateur : Brad AndersonAnnée : 2001Origines : Etats-UnisGenre : Drame FantastiqueDurée : 1H44 Acteurs Principaux :  David Caruso, Peter Mullan, Josh Lucas, etc... Note : Couteau 3,5/5
L'histoire :

Bill Griggs confie la rénovation d' un ancien asile d'aliénés désaffecté à cinq hommes. Il leur confie aussi que s'ils parviennent à terminer les travaux en l'espace d'une semaine ils toucheront chacun une prime s'élevant à 10 000 dollars. La bâtisse est immense et les travaux semblent insurmontables. Phil, Mike, Hank, Gordon ainsi que son neveu Jeff vont donc tout mettre en œuvre pour que les travaux soient finis avant la fin de la semaine. Chacun va pourtant mettre son grain de sel pour ralentir la rénovation, et cela, de manière fort inconsciente. Il y a d'abord Hank qui malgré son age se comporte encore comme un adolescent. Joueur invétéré il n'aspire qu'à gagner. Il sort avec l'ex-femme de Phil qu'il avoue ne fréquenter que pour le sexe. Phil vit assez mal cette situation et le duel permanent que se livrent les deux hommes ralentit l'avancée des travaux. Mike quand à lui aurait pu être un excellent avocat mais a abandonné ses études beaucoup trop rapidement. Alors qu'il descend dans les sous-sols de l'établissement afin de résoudre un problème de fusibles, il découvre dans une remise les pièces à convictions d'une vieille affaire qui toucha l' établissement et qui provoqua sa fermeture définitive. Gordon est le plus agé des cinq hommes. Il a eu beaucoup de mal au départ à imposer la présence de Hank auprès de Phil que celle de son neveu pourtant atteint de nyctophobie.

Les travaux commencent et permettent à chacun de se familiariser avec les environs. Chambres d'isolement, Sous-sols insalubres et mal éclairés, ancienne salle de réception inondée dont le sol est tapi d'amiante. Mike passe un temps fou a passer les vieilles bandes magnétiques trouvées dans la salle des archive située dans l'un des nombreux couloirs du sous-sol. Des pièces à conviction qui relatent les témoignages d'une jeune femme enfermée il y a longtemps dans cet hôpital et atteinte de troubles psychiatriques sévères. Hank quand à lui, alors qu'il asperge d'un produit tags et graffitis laissés par d'anciens squatters dans les niveaux les plus bas de l'asile, trouve une pièce d'argent remontant à l'année 1888. Puis une seconde datant elle de 1983, quelques mètres plus loin. Avant de se retrouver devant un mur troué duquel tombent d'autres pièces, bijoux, billets et divers trésors qu'il s'empresse d'amasser. Gordon lui, entend des voix. Une seule en fait. Celle d'un homme. A vrai dire, l'oncle de Jeff semble surmené. Il vit habituellement avec sa femme, leur enfant et leur chien mais depuis qu'il a frappé celle qui partage sa vie il dort dans un motel...





Ce que j'en pense :


Brad Anderson (" The Machinist ") sort " Session 9 " la même année que son " Happy Accidents". Même si les deux films abordent des sujets radicalement différents on retrouve la patte du cinéaste. Alors que l'un conte une histoire d'Amour originale et inédite, le second n'est pas le simple film de fantômes qu'il semble être au premier abord. Beaucoup plus profond que la majorité des films su le sujet, il permet surtout d'accentuer l'aspect humain des protagonistes. Entre l'homme dont le conflit intérieur rend fou et celui dont les événements étranges qui se produisent alentours permettent d'exécuter un plan sordide, le cheminement qui mène vers la porte de sortie est moin évident qu'il n'y parait. D'ailleurs, Anderson s'amuse à brouiller les pistes à mesure que l'intrigue semble enfin s'éclaircir. A l'image de " The Machinist " il construit une histoire constellée de faux-semblants qui brouillent les pistes. Quel rapport entre le drame silencieux que vit Gordon et la voix qui le hante? Et ces images qui le traquent jusque dans ses rêves? La disparition de Hank semble arranger Phil, oui,, mais jusqu'à quel point. A qui appartient cette silhouette rencontrée dans les sous-sols par Hank et qui semble responsable de sa disparition? Qui sont véritablement ces deux hommes que Gordon a vu au travers d'une fenêtre parler avec son ami Phil?

Brad Anderson joue avec nos peurs primaires. Celle de l'inconnu, de l'obscurité et de la solitude. Au départ chacun peut s'identifier au personnage de son choix avant de l' identifier lui-même comme un ennemi potentiel. Les décors eux-mêmes participent à l'angoisse qui sourde et qui se fait de plus en plus présente et pesante. L'angoisse culmine lorsque Hank se sent poursuivit dans les coursives du sous-sol ou bien lorsque Jeff est acculé lui-même dans l'un de ces longs couloirs alors que les ampoules s'éteignent les unes après les autres. Claustrophobie et Nyctophobie latentes sont au rendez-vous. Les acteurs assurent leur part de marché ( David Caruso et Peter Mullan en tête de cortège ), la partition musicale plante le décor et l'environnement dans lequel se déroule l'action est le lieu idéal pour que nos peurs se développent de manière idéale.
A noter que j'avais vu précédemment le film en français et que l'occasion de le voir en version originale récemment m'a été offerte. Verdict : La version originale s'impose sans conteste !



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# Posté le mercredi 06 mai 2009 15:52
Modifié le lundi 11 mai 2009 03:29

Bunker ParadiseRéalisateur : Stefan LiberskiAnnée : 2004Origines : FranceGenre : DrameDurée : 1H47 Acteurs Principaux : Jean-Paul Rouve, Jean-Pierre Cassel, François Vincentelli, Audrey Marnay, etc... Note : Couteau 3,7/5

Bunker ParadiseRéalisateur : Stefan LiberskiAnnée : 2004Origines : FranceGenre : DrameDurée : 1H47 Acteurs Principaux :  Jean-Paul Rouve, Jean-Pierre Cassel, François Vincentelli, Audrey Marnay, etc... Note : Couteau 3,7/5
Un grand merci à LAGLAUDE sans laquelle je n'aurai certainement pas découvert ce film. :)

L'histoire :

Mimmo, jeune chauffeur de taxi fauché et vivant chez sa mère, rêve de devenir un jour un grand acteur. Alors, lorsqu'il n'est pas sur les routes à gagner sa vie, il interprète de petits rôles, aspirant à une future reconnaissance dans l'univers du septième art.

John quand à lui est riche. Très riche même et n'aspire à rien d'autre qu'à l'oisiveté. Avec sa bande il passe des journées entières à boire et prendre des drogues sur fond de musique techno dans l'une des demeures de son père avec lequel il entretient des rapports difficiles.

Un soir Mimmo est envoyé par le central pour une course qui l'emmène jusqu'à l'entrée de la villa de John. Devant le portail une jeune femme est prostrée, visiblement très éméchée. Le jeune chauffeur de taxi sonne à la porte et tombe sur David, un ami de John, qui lui demande de s'occuper de la jeune femme. Alors que Mimmo s'éloigne à vive allure, cette dernière, assise à l'arrière du véhicule ouvre sa portière et se retrouve projetée sur la route. Mimmo, freine alors brutalement, s'approche du corps et ne peut que constater le décés de la jeune femme. Ne sachant que faire, il laisse le corps sur la route et fait demi-tour vers la demeure de John. Tambourinant à la porte il est cette fois-ci accueilli par le propriétaire qui semble ne pas s'intéresser par l'histoire qu'il lui raconte. David arrive alors mais nie catégoriquement, pourtant devant le fait accompli, qu'il a eu affaire à Mimmo quelques instants plus tôt. Ce dernier menace alors d'appeler la police mais John, qui ne se laisse pas démonter, tient des propos que le chauffeur de taxi comprend vite qu'ils lui seront préjudiciables si jamais la police vient à fourrer son nez dans cette histoire. Menaçant, John demande à David de téléphoner à la police et de lui dire qu'ils ont face à eux un chauffeur de taxi pakistanais qui leur fait des misères, et qui en plus à un cadavre sur les bras. Acculé, Mimmo affirme alors que le central a reçu un appel et qu'il sera très facile d'en retrouver la trace. C'est alors que subitement David se souvient qu'en effet, il a bien appelé un taxi.

Deux jeunes femmes arrivent alors bras dessus, bras dessous et demandent à John et David de les rejoindre. Ces derniers poussent Mimmo à les suivre dans le salon. Là, plusieurs autres convives dansent, boivent et fument. Hommes et femmes sont tous issus du même milieu social que leurs hotes et ne semblent par faire cas de la présence de Mimmo. Un peu à l'écart de la bande, une jeune femme visiblement mal dans sa peau pose alors son regard sur Mimmo...





Ce que j'en pense :


Une brochette d'acteurs formidables pour un sujet qui aurait pu tomber dans la caricature mais dont la morale, malgré une fin tragique, est sauve. L'argent ne fait pas le bonheur. C'est ce que semble vouloir dire ce film qui superpose aux images glaçantes d'un univers clos, superficiel et monstrueux, celles d'un Japon traditionnel et humain. Le jeune enfant, pur et dépaysé par un pays qu'il découvre tranche radicalement avec un Jean-Paul Rouve incarnant à lui seul l'image du gosse de riche dont beaucoup d'entre ceux qui rêvent d'être à la place aiment à l'imaginer. Un être froid, superficiel, narcissique, odieux et poudré. Le genre d'homme que le plus commun d'entre nous rêve de ne pas devenir en soit, quitte à rester dans le milieu social qui l'a vu naître. Francois Vincentelli campe quand à lui le rôle de ce jeune chauffeur de taxi basané qui rêve de célébrité et de richesse mais qui se trouve cantonné à de petits rôles, des à cotés que l'on soupçonne parfois n'être qu'affabulation. Une manière de sortir de l' anonymat, de l'obscurité qui l'enveloppe, la nuit, lorsqu'il fait le taximan.

Audrey Marnay est cette jeune fille paumée qui dénature le tableau d'une jeune bourgeoisie à l'existence totalement décalée de celle que l'on connaît. Elle est le chainon entre la vie qu'elle mène aux cotés de son fiancé et Mimmo auquel elle va se raccrocher pour ne pas sombrer dans le bateau commandé par un John dont le père rêve de ne jamais l'avoir conçu. Un patriarche puissant et autoritaire campé par l'excellent Jean-Pierre Cassel qui pourtant fuit son fils comme la peste, quitte à devoir payer pour cela.

Casimir Liberski, le compositeur, accompagne les instants tragiques de l'histoire ainsi que ceux, beaucoup plus poétiques, d'un Japon resplendissant. Le reste de la bande-son est assuré par une compilation de titres techno. Une musique martiale, binaire et hypnotique à l'image de ce bunker aux aretes tranchantes, à la façade rugueuse et aux couleurs tristes.
Stefan Liberski assure une mise en scène efficace pour ce petit film méconnu mais diablement excitant.


# Posté le vendredi 17 avril 2009 13:47
Modifié le mercredi 06 mai 2009 03:48

Happy AccidentsRéalisateur : Brad AndersonAnnée : 2001Nationalité : AméricaineGenre : ComédieDurée : 1H45 Acteurs Principaux : Marisa Tomei, Vincent D'Onofrio, Nadia Dajani, etc... Note : Couteau 3,5/5

Happy AccidentsRéalisateur : Brad AndersonAnnée : 2001Nationalité : AméricaineGenre : ComédieDurée : 1H45 Acteurs Principaux :  Marisa Tomei, Vincent D'Onofrio, Nadia Dajani, etc... Note : Couteau 3,5/5
L'histoire :

Ruby n'a connu jusqu'à aujourd'hui que des désillusions amoureuses. Mais alors qu'elle rencontre Sam Deed dans un parc, c'est le coup de foudre. Originaire de Dubuque en Iowa, ce dernier lui-même montre un intérêt certain pour Ruby. Un amour qui va le pousser à revoir la jeune femme régulièrement et même à s'installer chez elle. Sam est sympathique, charmant et plutôt bel homme, mais un brin dérangé. Du moins c'est ce que suppose Ruby qui se confie auprès de sa psychanalyste et à sa meilleure amie Gretchen auxquelles elle rapporte que Sam affirme être un homme du futur et précisément de l'année 2040. Le problème est que certains détails sont en totale contradiction avec les propos visiblement délirants de Sam. D'abord il y a cette photo d'un homme et d'une femme qui semblent être le père et la mère du jeune homme. Et surtout celle d'une jeune femme que l'on apprend plus tard être la soeur de Sam. Au dos de cette dernière, une date. 1991. Quatre chiffre qui semblent contredire les propos de l'homme qui vit auprès de Ruby. Et puis il y a ces dessins croqués dans un carnet par Sam, Des visages, toujours les mêmes et censés représenter celle qu'il aime. Le problème c'est ce le nom qui apparaît sur toutes les pages. Chrystie Delancey. Ruby se demande qui est cette jeune femme et se sent trahie par un Sam qui semble jouer un double jeu.


Auprès de ses proches la jeune femme s'interroge sur sa relation avec un Sam qui ne cesse de délirer sur son appartenance à un futur lointain mais s'inquiète sur les absences dont il est victime et qui le voient prostré, envahit par la vision d'un présent se déroulant à rebours sous ses yeux. La psychanalyste conseille à Ruby de quitter Sam alors alors que Gretchen, elle, lui conseille au contraire de cultiver cette étrange relation faite d'amour, de passion mais aussi d'ambiguité. Les rapports entre les deux jeunes gens explosent avant de se reconstruire dans l'instant qui suit. Entre doutes et acceptation de l'autre et de ses différences Ruby et Sam iront jusqu'au bout d'une relation qui les mènera vers un destin hors du commun.





Ce que j'en pense :

Quatre années avant le superbe "The Machinist", Brad Anderson ( "Session 9", "Transsiberian" ) réalise cette comédie romantique sympathique et émouvante autant que profonde. Plus qu'une simple histoire à l'eau de rose le film mêle intelligemment romantisme et propos de science-fiction sans jamais véritablement avouer au spectateur avant la fin s'il faut voir derrière le comportement étrange de Sam (l'excellent Vincent D'Onofrio) un trouble psychiatrique ou bien une réelle issue fantastique. On rêve très vite à une fin surprenante à l'image de certains dialogues et de la plupart des situations qui voient Sam et Ruby ( Superbe Marisa Tomei) s'engueuler, se déchirer pour mieux se réconcilier et ainsi affiner leur relation et la rendre plus forte au fil du temps. Anderson prouvait déjà à l'époque son immense talent à partir d'un postulat de base simpliste mais amené de manière tout à fait originale. Le film fait sourire et même parfois rire. Il émeut aussi à travers des situations que l'on rencontre tous un jour ou l'autre mais d'une manière habituellement beaucoup plus classique. D'Onofrio est génial et touchant dans ce rôle d'incompris qui cherche l'amour et le trouve avant de révéler les véritables raisons de son attachement à une Tomei superbe et émouvante qui accepte le "jeu" que mène celui qu'elle aime.

Une musique discrète et parfois aussi surprenante que l'histoire qui se déroule sous nos yeux et une mise en scène toute en finesse font de ce "Happy Accidents" un véritable bol d'air frais. De ceux dont on redemande sans jamais s'en lasser. Un petit bijou.
# Posté le vendredi 10 avril 2009 14:00
Modifié le dimanche 12 avril 2009 06:12

Ennemis IntimesRéalisateur : Werner HerzogAnnée : 1998Nationalité : AllemandeGenre : Film DocumentaireDurée : 1H50 Acteurs Principaux : Klaus Kinski, Werner Herzog etc... Note : Couteau 4/5

Ennemis IntimesRéalisateur : Werner HerzogAnnée : 1998Nationalité : AllemandeGenre : Film DocumentaireDurée : 1H50 Acteurs Principaux :  Klaus Kinski, Werner Herzog etc... Note : Couteau 4/5
L'histoire :

Le cinéaste Werner Herzog revient dans cet incroyable documentaire, sur les rapports qu'il entretenait avec l'extraordinaire acteur Klaus Kinski. De la crise de folie ahurissante durant laquelle ils détruisit le mobilier de l'appartement dans lequel il vécut avec la mère et les deux frères de Werner ainsi que ce dernier durant trois mois, pour une simple histoire de chemises mail repassées. Jusqu'à leur collaboration qui vit les deux hommes tourner ensemble cinq films dont au moins deux sont des chef-d'oeuvres, "Aguirre, La Colère De Dieu" et " Fitzcarraldo".

A vingt-huit ans Werner Herzog tourne son sixième film. Ce sera pour Kinski et lui l'occasion de tourner ensemble pour la première fois.Un budget minime et un Kinski encore imprégné du rôle de Jésus qu'il interpréta dans de grandes salles devant un public qui allait le voir pour assister avant toute chose à ses crises de colère firent du tournage un projet difficile à mener à bien. Se voulant proche de la nature et dans un besoin de la conquérir, Kinski exigeait pourtant l'absence de moustiques et surtout qu'il ne pleuve pas. Première nuit et première crise, il s' énerva avant d'aller s'installer finalement au seul hôtel présent dans la région. Au début du tournage, la pluie fit des siennes et un épais brouillard recouvrit les montagnes alentours dont se servit Herzog pour l' enivrante introduction du film. Kinski se plaigna très vite de ne pas être suffisamment mis en avant dans le projet et traita Werner de mégalomane. Ce dernier n' hésita pas alors un seul instant à lui rétorquer qu'ils étaient deux à l'être.
Mais pourquoi donc Werner Herzog a-t-il fait le choix de s'imposer la présence d'un homme aussi difficile à maîtriser que Klaus Kinski?
Herzog revient pour répondre à cette question sur son passé. A quinze ans il a vu l'acteur interpréter le rôle d'un officier allemand qui emmène des enfants sur le front. La veille, tous s'endorment, les soldats ainsi que les mères des enfants. Kinski lui-même s'endort, la tête plongée dans le creux de ses bras. Ce qui va marquer Werner Herzog à vie, c'est la façon dont le personnage (Kinski donc) est réveillé le lendemain matin. Un détail qui va influencer plus tard le cinéaste dans son métier...





Ce que j'en pense :

Klaus Kinski, acteur souvent moqué, exhibé et incompris était avant tout un acteur de génie qui s'investissait corps et âme dans ses projets ainsi que dans ceux des autres. Et notamment dans ceux de Werner Herzog qui lui offrit les plus beaux rôles de sa vie. Les deux films cités plus haut que l'on peut je pense considérer comme un diptyque sur la folie de l'homme et son combat contre une nature hostile et merveilleuse. Le fleuve amazone sert de décor à un Brian Sweeney Fitzgerald rêvant d'édifier un opéra en plein coeur de la forêt amazonienne et à un Lope de Aguirre épris de pouvoir et fantasmant sur un hypothétique eldorado.

Kinski montre combien il est à l'image de la nature qui les entourent lui et le reste des équipes de tournage. Impossible à contrôler, d'une énergie débordante mais d'un caractère absolument ingérable, il peut se montrer d'une tendresse et d'une douceur infinies comme lors de la touchante scène du papillon comme devenir un fauve dangereux face à des techniciens habitués à le voir sortir de ses gonds pour tout et n'importe quoi. Le document traite aussi et surtout des rapports qu'ils entretenaient lui et Werner Herzog. Ce dernier, courageux, donne à l'acteur la chance de pouvoir exprimer son talent dans des rôles qui lui collent à la peau et qui marquent profondément la conscience de ceux qui ont le bonheur de contempler d'aussi somptueuses, grandioses et dantesques mises en scène. "Woyzeck" et "Nosferatu, Fantome De La Nuit", tout deux réalisés en 1979 ainsi que "Cobra Verde" tourné en 1988 soit trois ans avant la disparition de Klaus Kinski, viendront completer la collaboration des deux hommes. "Ennemis Intimes" quand à lui est l' hommage vibrant d'un cinéaste pour son acteur fétiche. Un témoignage qui montre combien l'acteur n'a pas volé sa sulfureuse réputation d'insupportable mégalomane mais qui démontre combien il aura marqué le cinéma mondial en général et celui de Werner Herzog en particulier...

A voir, absolument.




# Posté le samedi 14 mars 2009 02:47
Modifié le lundi 30 mars 2009 03:57

Mort Un Dimanche De PluieRéalisateur : Joël SantoniAnnée : 1986Nationalité : FrançaiseGenre : ThrillerDurée : 1H50 Acteurs Principaux : Nicole Garcia, Dominique Lavanant, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Bisson, Etiebnne Chicot, etc... Note : Couteau 4/5

Mort Un Dimanche De PluieRéalisateur : Joël SantoniAnnée : 1986Nationalité : FrançaiseGenre : ThrillerDurée : 1H50 Acteurs Principaux :  Nicole Garcia, Dominique Lavanant, Jean-Pierre Bacri, Jean-Pierre Bisson, Etiebnne Chicot, etc... Note : Couteau 4/5
L'histoire :

Elaine et David Briand vivent avec leur petite fille Cric au coeur d'une propriété au design froid et épuré. Comme semblent l'être les rapports qu'ils entretiennent. David est un architecte brillant mais qui accumule les échecs. Bientôt, Christian, un ami proche du couple mais avant tout d' Elaine va proposer à cette dernière de reprendre le chemin des studios d'enregistrement. Une proposition qu'elle s' empressera d' accepter et qui la verra bientôt s'épanouir à nouveau.

C'est à cette même époque que le couple va faire connaissance avec Les Bronsky. Cappy et Hazel vivent eux-mêmes avec leur petite fille Betty. Prostée et muette celle-ci semble porter sur elle les lourdes séquelles d'un traumatisme vécu par le passé. Vivant dans une roulotte, ils croisent un jour la route de David devant le portail de sa demeure et, alors que la petite famille semble visiblement dans le besoin, il finit par les prendre en pitié (bien après les avoir considérés avec mépris) et accepte de prendre Cappy comme jardinier.
Plus tard, alors qu' Elaine vient d'accepter la proposition de Christian de prendre les rennes d'un studio d'enregistrement, elle se doit de trouver une baby-sitter pour Cric. Un rôle qui sera dévolu à la femme de Cappy, Hazel, qui semble un brin dérangée mais visiblement pas assez pour effrayer Elaine qui accepte alors de laisser sa fille entre les mains de cette femme au comportement troublant.

Cappy porte sur lui les stigmates d'une tragédie qui l'a rendu infirme. Il porte un bras artificiel et boite lourdement. Subrepticement mais inexorablement, sa femme et lui vont s' immiscer dans l'existence jusque là simple, quoiqu'assez monotone, du couple formé par Elaine et David Briand. Jusqu'à vouloir prendre leur place, s'installer chez eux et commettre en définitive, l'irréparable...





Ce que j'en pense :

"Mort Un Dimanche De Pluie" ou le polar à la française. Un petit bijou de noirceur et d'angoisse qui n'a absolument pas à rougir face aux classiques américains. Le choix de certains acteurs peut sembler peu judicieux au premier abord (que vient faire Dominique Lavanant dans un registre différent de celui auquel elle nous avait habituée?) mais très vite on comprends le choix du cinéaste. Nicole Garcia est une habituée de ce genre d' intrigue ( "Péril en la demeure" ), Jean-Pierre Bacri ( "Le Goût Des Autres", "Un Air De Famille", "Cuisine Et Dépendances" ) est capable d' interpréter, à travers la gravité des expressions faciales qu'on lui connait, des rôles tout aussi bien tragiques que comiques. Quand à Jean-Pierre Bisson ( "Lune Froide", "Les Mois D'Avril Sont Meurtriers" ), il campe avec Cappy, le rôle sinistre d'un homme malade physiquement et mentalement dont le but essentiel est de se venger de ceux qui ont causé son infirmité. Et que dire de Dominique Lavanant donc qui offre sans doute ici l'un de ses rôles les plus marquants.

Le contraste entre les couples Briand et Bronsky est saisissant. Alors que les premiers ont tout pour être heureux, leur existence n'est rattachée qu'aux ambitions de David qui oublie jusqu'au bien être de sa femme et de sa fille, "enfermées" entre les quatre murs d'une demeure aux contours froids et impersonnels. La difficultés de leur rapports se ressent dans l' agencement de leur environnement. Pas ou peu d'objets personnels reconnaissables, comme si la vie en ce lieu triste n'était que provisoire. Les Bronsky eux, contrairement aux Briand, sont totalement soudés dans leur malheur et surtout dans le désir de faire payer aux responsables la monnaie de leur pièce.
Noir et angoissant, le film va même jusqu'à lorgner du coté de l'épouvante pour définitivement happer les personnages ainsi que les spectateurs vers une fin tragique. La mise en scène est sobre mais efficace, la musique en adéquation avec le thème traité et l'interprétation générale fort convaincante.

# Posté le lundi 02 mars 2009 04:25
Modifié le mercredi 11 mars 2009 04:42